Memphis et Saqqarah

Située une trentaine de kilomètres au sud du Caire, Memphis fut une des cités les plus célèbres du monde antique. Les tombes de la nécropole, située sur plateau voisin de Saqqarah, confirment son existence dès le début de l’histoire pharaonique, il y a quelque 5.000 ans.

La nécropole s’étend sur une cinquantaine de kilomètres, au bord du plateau désertique occidental. Elle inclut les sites de Giza, Abousir, Saqqara et Dahchour, marqués par la présence des principales pyramides royales de l’Ancien Empire.

Résidence royale dès l’Ancien Empire, Memphis fut pendant trois millénaires un des premiers centres économiques du pays et, à plusieurs reprises, le siège central du pouvoir politique. C’est la place forte qu’un envahisseur se devait d’enlever pour pouvoir dominer toute l’Égypte. C’est elle qui accueillit Alexandre le Grand en libérateur, avant d’en faire un pharaon…

Memphis, Ptah, compte parmi les grands panthéons égyptiens.
La ville elle-même est nettement moins connue que sa nécropole. Ses vestiges sont en grande partie enfouis dans la plaine alluviale située en contrebas du plateau, dans une zone de palmeraies.
La zone accessible aux touristes est un musée de plein air, où ont été rassemblés des blocs sculptés et statues trouvés à Memphis. Dans un bâtiment dédié (musée du colosse), repose, couchée, la statue communément appelée colosse de Ramsès. C’est une statue taillée dans un bloc de calcaire représentant Ramsès II. La statue avait à l’origine une hauteur de 13,50 mètres mais le bas des jambes à disparu. Parmi les autres statues les plus remarquables figure le sphinx d’albâtre de Memphis. Datant de la XVIIIe dynastie on hésite encore à le dater précisément. Il fait 8 mètres de long, 4,25 mètres de haut et pèse environ 80 tonnes. Son flanc droit qui a reposé pendant plus d’un siècle dans un sol humide, montre un état de désagrégation avancé alors que son coté gauche (voir photo) est parfait.

De Memphis, il ne reste aujourd’hui pas grand chose hormis deux colosses de Ramsès II (le deuxième est au Caire), un sphinx d’albâtre et une gigantesque palmeraie parsemée de monticules de décombres de fouilles.
En revanche, à la lisière du désert, sur le plateau aride et désolé qui domine la vallée fertile, s’élève l’ancêtre des pyramides d’Egypte. Élevée en l’An 2 800 avant Jésus-Christ par l’architecte Imhotep, chancelier du pharaon Djéser (IIIe dynastie), cette pyramide à degrés serait le plus vieil édifice en pierre de taille de l’humanité.
Elle est placée au centre d’un grand rectangle de 544 x 277 m, entouré d’un mur d’enceinte haut d’une dizaine de mètres. Le mur est semblable à une façade de palais avec quatorze fausses-routes et un seul passage d’entrée. Ce passage d’entrée est situé au sud du mur oriental où une frise de têtes de cobra, symbole de la royauté, court le long de la façade à redans.
De là, on accède à la cour de la pyramide par une allée bordée de 40 colonnes fasciculées plus larges à la base qu’au sommet reposant sur des abaques carrées. Ces colonnes supportaient une toiture constituée de blocs de calcaire. Elles conservent des traces de peinture rouge et évoquent des faisceaux de roseaux, jadis utilisés comme support.
Memphis
En repartant du plateau Saqqarah, une vue à 180° sur la palmeraie de Memphis, la vallée du Nil et au fond à gauche, la métropole du Caire s’offre à nous.(cliquez sur la photo pour l’agrandir)

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2 Responses

  1. Jacques dit :

    Merci pour votre récit de voyage, c’est très informatif, et ça fait rêver. Bonne continuation

  2. Fabienne duchenne dit :

    superbes photos!!!!
    ça me plairais de pouvoir les avoir pour un travail sur l’histoire de l’art en Egypte

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